TERRE D'OISEAUX

TERRE D'OISEAUX

Quand les oiseaux se crashent...

Quand des oiseaux se crashent...

 

Selon certaines études, rien qu’aux États-Unis, plus de 100 millions d’oiseaux sont tués chaque année à la suite de collisions avec des immeubles de différentes sortes. Certains chercheurs vont même jusqu’à avancer un chiffre avoisinant le milliard ! Pourquoi donc des oiseaux percutent-ils en plein vol des immeubles ? Peut-on faire quelque chose pour assurer leur sécurité ?

 

Vitres et lumières : coupables de meurtres

 

Pour les oiseaux, les vitres sont synonymes de danger. Souvent, quand les fenêtres sont propres et transparentes, les oiseaux ne perçoivent que ce qu’il y a de l’autre côté, de la verdure et un peu de ciel, par exemple. Par conséquent, des oiseaux sans défiance percutent parfois la vitre en plein vol. Ils peuvent aussi voir des plantes décoratives à l’intérieur de halls vitrés ou de maisons et essayer de s’y poser.

Le verre à couche ou réfléchissant cause aussi des problèmes. Quelquefois, des oiseaux distinguent, non la vitre, mais le reflet des environs ou du ciel et, là encore, viennent se blesser.

Certains oiseaux sont plus vulnérables. Par exemple, la plupart des oiseaux chanteurs migrent la nuit et se repèrent, au moins en partie, grâce aux étoiles. Ils peuvent par conséquent être perturbés par les lumières brillantes des grands immeubles. En effet, certains étaient tellement désorientés qu’ils ont tourné en rond, sans but, jusqu’à ce qu’ils s’écroulent, épuisés. Un autre danger se présente durant la nuit, par temps de pluie ou d’épaisse couverture nuageuse. Les oiseaux ont tendance à voler à des altitudes plus basses, ce qui augmente le risque de collision avec de grands immeubles.

 

L’impact sur les populations d’oiseaux

 

D’après un rapport, à Chicago (États-Unis), un seul gratte-ciel a causé une moyenne de 1 480 morts recensées durant la saison de la migration. En effet, sur une période de 14 années consécutives, ce même bâtiment a provoqué la mort de quelque 20 700 oiseaux. Évidemment, le chiffre total d’oiseaux ayant percuté l’immeuble était sans doute beaucoup plus élevé. De plus, ces oiseaux ne sont pas des pigeons, des goélands ou des oies mais bien des oiseaux dont les populations sont en voie d’extinction .

À titre d’exemple, récemment, en Australie, les vitres ont tué en un an seulement 30 perruches de Latham environ, alors qu’il n’en reste que 2 000. Aux États-Unis, de nombreux spécimens de paruline de Bachman — espèce que l’on trouve dans des musées et désormais probablement éteinte — ont été ramassés suite à des collisions avec un phare de Floride.

Parmi les oiseaux survivant à ces collisions, beaucoup sont blessés ou affaiblis. Cela peut être particulièrement dangereux pour les oiseaux migrateurs. S’ils sont blessés et qu’ils tombent dans un endroit où il y a de nombreux immeubles, ils peuvent mourir de faim ou devenir la proie d’autres animaux, certains ayant appris à profiter de cette source occasionnelle de nourriture.

 

Oiseaux et immeubles peuvent-ils faire bon ménage ?

 

 

Afin de ne pas les percuter, les oiseaux ont besoin de voir les parois vitrées et de les identifier en tant qu’objets solides. Pour ce faire, certains propriétaires ont sacrifié la vue qu’ils avaient en fixant des décalcomanies, des autocollants ou d’autres choses visibles à l’extérieur des fenêtres contre lesquelles des oiseaux pourraient entrer en collision.

 

Que peut-on faire pour aider les oiseaux qui effectuent leur migration de nuit?

 

Dans certaines villes, les lumières décoratives des gratte-ciel sont désormais baissées ou éteintes à une certaine heure de la nuit, en particulier durant la période de migration. En d’autres endroits, des filets ont été placés sur les fenêtres des grands immeubles pour que les oiseaux ne confondent pas les reflets du ciel avec le ciel lui-même.

De telles mesures peuvent réduire le taux de mortalité de près de 80 %, sauvant ainsi chaque année des millions d’oiseaux. Mais le problème de base ne disparaîtra probablement pas, car les gens aiment les lumières et le verre. Par conséquent, des organisations pour le bien-être des oiseaux, comme la société Audubon, s’efforcent de persuader les architectes et les promoteurs d’être plus sensibles aux besoins de la nature.



21/04/2014
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